Interdire les motos à Bruxelles ?

Interdire les motos à Bruxelles ?

Interdire les motos à Bruxelles ? Une nouvelle provocation à l’encontre des usagers de la route !

FEBIAC, la Fédération de l’Automobile et du Cycle en Belgique et au Grand-Duché de Luxembourg, a appris par presse interposée la volonté du gouvernement bruxellois d’envisager à terme une interdiction des deux-roues motorisés sur son territoire.

Cette réflexion trouve son origine dans une étude de TRUE (The Real Urban Emissions Initiative), publiée récemment par l’ICCT (The International Council on Clean Transportation – le Conseil international sur le transport propre) et baptisée « Remote sensing of vehicle emissions in Paris ». Une étude qui ne tient pas la route, les motos en circulation (neuves et anciennes) y étant comparées à la norme uniquement applicable aux nouvelles voitures. Prendre en compte une telle comparaison n’a tout simplement aucun sens, comme l’a déjà affirmé le Dr. Prof. Leonidas Ntziachristos de l’EMISIA (European Environment Agency), qui conclut que la méthodologie employée n’est simplement pas pertinente.

Outre le fait que les cycles de test des motos diffèrent entièrement de ceux des voitures, et que le numéro de la norme Euro n’a dans ce cas que peu de pertinence, FEBIAC souligne que la norme Euro 5 entrera en vigueur pour les motos en 2020 et que l’UE oblige le secteur à respecter un calendrier clair et des conditions précises pour chaque norme successive. Le législateur européen a lui-même décidé de juguler prioritairement les émissions de véhicules présents en nombre élevé sur les routes (voitures particulières et fourgonnettes) et celles de véhicules de plus grande dimension (bus et poids- lourds), puis seulement aux sources moins importantes (cyclomoteurs et motos).

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Président de FEBIAC, Philippe Dehennin dénonce avec vigueur ce qu’il considère comme une nouvelle provocation : « Ce genre d’annonces simplistes et cyniques doivent cesser. Elles sont simplistes car elles stigmatisent une minorité d’usagers de la route et elles sont cyniques car il est admis qu’il suffirait que 10% d’automobilistes optent pour la moto pour que diminue de 40% la congestion. Nous invitons la Région à s’ouvrir différemment à la mobilité que d’annoncer des mesures d’interdiction. D’organiser et réguler un développement harmonieux de tous les modes de transport avec une responsabilité politique vis-à-vis de tous les usagers. Ceux qui prennent leur moto ou leur voiture pour circuler n’ont actuellement, pour la plupart, pas d’autre choix. Les investissements publics en parcs relais dans lapériphérie et l’élargissement de l’offre des transports en commun sont des prérequis à la mobilité de moindre individualisation. Il ne faut pas mettre la charrue avant les bœufs. »

FEBIAC rappelle que le secteur des motos est soumis à une forte pression en ce qui concerne le respect des normes. L’industrie automobile a en effet eu besoin de bien plus longtemps pour franchir les étapes successives. La période de transition de l’Euro 4 à l’Euro 5 était de 5 à 6 ans pour les voitures, mais seulement de 4 ans pour les motos, et de 3 ans pour les cyclomoteurs.

Par ailleurs, l’offre de motos et de cyclomoteurs électriques évolue fortement tandis que c’est grâce à une prime flamande, rappelons-le, « Zero Emission Bonus », que le cyclomoteur électrique parvient vraiment à décoller.

FEBIAC insiste également sur le fait que les deux-roues, en raison de leur poids plus léger et de leur capacité à se faufiler dans les embouteillages, consomment toujours moins de carburant et émettent donc moins de CO2 et qu’une réelle distinction doit être opérée entre les véhicules à deux temps (de nombreux scooters de 50 cm3 sont encore à deux temps et donc plus polluants) et les véhicules équipés d’une motorisation à quatre temps récente qui eux, doivent répondre aux normes européennes les plus strictes.

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